Hôpital, loi Léonetti, euthanasie : 2013, année éthique… ?

 

20/08/2012

Quelles que soient les évidentes dissensions et hésitations qui caractérisent l’action gouvernementale en ces jours d’une rentrée de crise encore plus difficile que ce que l’on pouvait craindre, les engagements du candidat François Hollande lui-même dans des domaines essentiellement éthiques restent à l’ordre du jour.

Qu’il s’agisse du mariage gay, avec en arrière-plan l’adoption par des couples homosexuels, du statut des mères porteuses, de la recherche génétique appliquée dans des domaines divers, tous comportent de fortes problématiques éthiques politiques  et sociétales pour  lesquelles  l’année 2013 s’annonce comme une année capitale.

Deux grands projets cependant doivent particulièrement attirer l’attention du fait de leur considérable portée politique, éthique, individuelle, et qui touchent aux libertés les plus fondamentales de l’Homme : la nécessaire réforme de l’Hôpital Public, ruiné par plus de dix ans de démantèlement plus ou moins mené ouvertement par les gouvernements Raffarin et Sarkozy – et une Loi sur l’euthanasie. La réforme de l’Hôpital fera l’objet d’autres interventions sur ce blog, tant les enjeux y sont cruciaux.

Mais c’est dans l’urgence, dans l’imminence d’une Loi instituant l’euthanasie dans notre pays que nous entendons nous exprimer et ouvrir sans attendre un débat et un combat radical, soyons clairs sur ce point en effet vital, contre toute législation dans ce domaine, entre tous intouchable, puisqu’il s’agit de la Mort, et des conditions de notre mort…

Cette urgence est commandée par un ensemble d’informations, quelques déclarations publiques, mais aussi par des déploiements de moyens institutionnels. En effet, le Président n’a pas fait mystère, pendant la campagne présidentielle, de son intention de faire passer une Loi autorisant l’euthanasie.

Les quelques précisions qui accompagnaient ces propos réitérés ne concernaient pas ce projet de loi proprement dit, et n’abordaient en rien comment et par qui serait pratiquée l’euthanasie autorisée ( prescrite ?) par cette Loi. Tout au plus évoquaient-elles le décès de la mère de François Hollande, survenu il y a trois ans, peut-être en milieu hospitalier. Sans donner aucun détail indiscret, le peu qu’en a dit le candidat (le Président ne s’étant lui pas encore exprimé directement sur le sujet, ni sur son implication personnelle ni sur la teneur de ce projet de loi ) nous donne tout de même quelques indications claires pour toute personne ayant vécu les mêmes épreuves familiales.

On sait fort bien aujourd’hui, pour peu qu’on se donne la peine d’y aller voir, ou si le malheur conduit à y être confronté, ce que sont les conditions lamentables dans lesquelles aujourd’hui peut-être plus encore qu’hier, on meurt à l’Hôpital, dans les Services généraux comme dans certaines unités de soins palliatifs. On sait aussi les limites flagrantes des lieux créés ad hoc, dont j’ai eu l’occasion d’annoncer  dès les années 90, qu’on finirait par s’inscrire sur leurs listes d’attente de crainte que ces services n’affichent complet…

Personne ne peut plus contester aujourd’hui les effets calamiteux de la première Loi Léonetti, hélas fort mal corrigés par la seconde. Cette Loi léonetti II, continue d’être détournée des bonnes intentions de son auteur principal, et pavent  l’enfer ordinaire de structures ad hoc, gouvernées par des chefs de service tout-puissants.

Le débat sur cette tentative de légiférer sur la mort nous amènera à traiter certaines réalités rarement abordées par la presse, et à interroger l’autorité médicale telle qu’elle s’impose désormais  à tout et à tous dans une société en crise.

La question que pose un tel projet de Loi sur l’euthanasie, qui confèrerait à des médecins le droit de donner la mort, est le pouvoir de l’État sur nos corps, sur notre vie comme sur notre mort.

Tel qu’il se profile, pareil projet de loi ferait rentrer, trente ans après l’abolition de la peine capitale, le droit de tuer dans les lois de la République Française.

GOS

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