DIANE 35: L’HYPOCRISIE DES LABOS ET L’INCURIE DE L’ADMINISTRATION

 On a pu entendre ce matin que les dirigeants des laboratoires BAYER protestaient que leur médicament était clairement destiné au traitement de l’acné et non pas à servir de pilule contraceptive. Rappelons que ces pilules sont prescrites par les gynécologues comme par les généralistes parce qu’elles sont efficaces à la fois comme traitement contre l’acné et comme contraceptif. 

Nous avons voulu vérifier ce qu’il en est.

La notice technique de « DIANE 35″  de BAYER indique en effet  clairement à la rubrique « Qu’est-ce que DIANE 35 microgrammes et dans quel cas est-il utilisé? » que ce médicament « est utilisé dans le traitement de l’acné chez les femmes ».

Aucune autre indication n’est communiquée.

Tout au plus peut-on relever, quelques lignes plus loin, à la rubrique « quelles sont les informations à connaître avant de prendre DIANE 35 microgrammes, comprimé enrobé? » que: « Ce médicament inhibe l’ovulation. »

Cependant, tout en bas de la première colonne de cette notice technique, écrite en tout petit caractères comme toutes les notices techniques de médicaments (ou les contrats d’assurance à la rubrique exclusions de garantie, par exemple), trois lignes, dans la même typo mais cette fois en gras, ceci:

« Comme les contraceptifs oraux, DIANE 35 microgrammes, comprimé enrobé ne protège pas des infections à VIH (SIDA) ou des autres maladies sexuellement transmissibles« .

Après cela, on attend que les laboratoires BAYER osent soutenir qu’ils n’étaient pas au courant de cette prescription hors AMM.

Pour BIOGARAN, la notice du « MINERVA 35 » générique du DIANE 35, ne comporte pas cette mention. Mais à deux reprises la notice est tout à fait explicite :

A la rubrique « grossesse allaitement »:« la découverte d’une grossesse sous pilule ne nécessite pas une interruption de grossesse »,  est assez claire, sauf à soutenir que le mot   « pilule » n’est pas réservé à la contraception…

Pour ceux qui auraient un doute plus loin, ceci, en encadré toujours sur la notice de BIOGARAN :

« L’oubli d’un comprimé expose à un risque de grossesse si ce médicament est pris aussi comme contraceptif »

Quant à l’ANSM,  l’Agence Nationale de sécurité du médicament et des produits de santé qui délivre les Autorisations de Mise sur le Marché (AMM) , on voit mal comment elle pourrait prétendre n’avoir rien vu ni rien su de ces juteuses prescriptions, quand  on sait que ces notices sont soumises à cette Agence.

Voilà une fois de plus résumé en quelques lignes toute l’incurie du système français qui laisse passer les grosses ficelles de laboratoires soucieux de s’en mettre plein les poches y compris clairement en nuisant à la santé des Français.

On attend avec intérêt de voir avec quelle belle énergie nos sociaux-démocrates au pouvoir  vont s’en prendre aux laboratoires : qu’ils mettront au pas, n’en doutez pas.

Comme ils l’ont fait pour les banques.

Non ?

 

GOS

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