SANTE: SCANDALES NON-STOP!

A l’heure où les mandarins vont sans cesse répétant que les français ont une confiance absolue dans leurs médecins, les scandales médico-sanitaires se multiplient et se succèdent avec une régularité effarante. En l’espace d’une petite semaine, les titres de la presse sont éloquents et révèlent trois nouveaux scandales : deux concernent le Médiator, et le plus récent, ce jour, la divulgation sur internet du contenu de dossiers médicaux.

Le Médiator. Premier nouveau scandale :

Le Dr Irène Frachon vient de se déclarer scandalisée par les conditions dans lesquelles sur plus de mille cinq cent dossiers déposés à l’ONIAM, cet organisme opaque et autoritaire n’en n’a retenu que…68.

Nul  doute que cette pneumologue dont les efforts incessants des années durant ont permis de révéler le scandale de ce médicament des laboratoires Servier, est en effet sincèrement scandalisée. En revanche, cette décision de l’ONIAM qui fait bondir toutes les victimes du Médiator et le grand public n’étonne aucun professionnel de la santé impliqué dans les affaires d’indemnisation de victimes d’accidents médicaux et encore moins les avocats spécialisés dans ce domaine du droit très particulier.

En effet, l’ONIAM est bien connu pour sous-estimer systématiquement les souffrances et des séquelles des victimes d’accidents médicaux dont cet Office a pour charge…de les indemniser.

Lorsque l’ONIAM a été désigné pour prendre en charge les très nombreux dossiers des patients victimes du Médiator, les pouvoirs publics de l’époque ont longuement communiqué sur leur souci, en désignant cet Office pour prendre ces dossiers en charge, d’éviter à ces personnes déjà lourdement frappées, les charges financières inévitables d’une action en justice : L’ONIAM prend les dossiers en charge, donc, pas besoin d’avocats, ont-ils expliqués à loisir.

Résultat, nombre de victimes du Médiator ont signé une convention qui les lie aux décisions de cet Office réputé pour son absence totale de transparence, pour la sévérité parfois révoltante de ses arbitrages en défaveur des plaignants – et pour l’incroyable brochette d’experts agissant pour le compte de cet Office et dont la pose « scientifique » ostentatoire ne saurait condescendre à la plus élémentaire empathie envers les victimes.

Les quelques 1500 personnes qui ont confié leur demande d’indemnisation à L’ONIAM sont désormais prises au piège.

En fait d’économiser des frais d’avocat, les victimes en question sont à nouveau victimes, cette fois du mode de fonctionnement d’un organisme avec lequel elles ont signé un contrat qui les désarme.  Et parce que, mal conseillées par le gouvernement de l’époque, elles ont abandonné à un Office administratif la défense de leurs intérêts…

L’affaire est désormais politique. Mais on peut craindre que sans une mobilisation sans précédent de l’opinion publique, le gouvernement, à l’heure de l’austérité dans tous les domaines, ne s’empresse de botter en touche. Ce ne sont pourtant pas les précédents qui manquent en matière de décision iniques prises souverainement par cet Office autoritaire et léonin qui semble croire qu’il n’a pas de comptes à rendre aux citoyens.

Affaire à suivre.

Second nouveau scandale du Médiator :

Ce jour même on apprend que l’Agence du médicament vient d’être mise en examen. Certes, on pouvait s’y attendre, mais la confirmation des pratiques honteuses de quelques grands responsables, Professeurs de médecine, de pharmacie, et d’experts en tous genres, membres éminents de cette Agence du médicament,  est un véritable choc.

Pour le grand public, ces conflits d’intérêts, ces turpitudes, ces prébendes, dessous de tables et pots de vin dont le Parquet soupçonne qu’ils expliquent l’incroyable aveuglement de cette Agence des années durant dans l’affaire du Médiator mais peut-être dans d’autres affaires du même type, tout cela est parfaitement écœurant et surtout, une fois encore, marque qu’en matière de santé, c’est trop souvent et depuis tant d’années, l’hôpital qui se fout de la charité.

Dossier médical et secret médical

Enfin, dernier scandale en date que l’on voyait venir depuis des années et dont les retombées ne sont pas encore vraiment prises en compte par le Ministère de la Santé : la divulgation sur internet du contenu de très nombreux dossiers médicaux dont les malheureux patients ont retrouvé tous les détails les plus intimes et les plus secrets de leurs maladies et de leurs infirmités étalés sur internet, sur simple appel de leur nom sur Google.

Voilà déjà des années que les gouvernements successifs ont été alertés sur les risques évidents de divulgation accidentelle et/ou criminelles des dossiers médicaux gérés par les hôpitaux et les établissements de soins. Toute transmission de données est, on le sait bien, susceptible d’être interceptée, mal adressé, détournée, avec ou sans intention de nuire.

Les révélations du Monde aujourd’hui montrent bien que ces avertissements n’ont pas été prises en compte. En l’état actuel des équipements et du parc informatique des hopitaux et des établissements de soins qui échangent nécessairement d’énormes quantités d’informations essentielles pour le suivi et le traitement des malades, aucun système de sécurité n’est en mesure de pallier une mauvaise manip, ou pire, d’empêcher un hacker d’accéder à ces informations d’une confidentialité absolue.

Espérons néanmoins que l’actuel gouvernement sera en mesure de confirmer très prochainement qu’une divulgation des contenus du DMP est impossible, et qu’il saura garantir aux citoyens de ce pays que ce fameux Dossier Médical Personnalisé que l’on voudrait généraliser et qui contient toutes les données nominales, tous les évènements médicaux, tous les détails les plus intimes, les plus confidentiels, du corps et de la santé des français tout au long de leur vie, ne risque en aucun cas de se retrouver sur internet…

GOS

 

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