BADIOU et les classes moyennes

Vient de paraître chez Fayard/ France Culture un texte de 44 pages intitulé « Pornographie du temps présent » qui est la reprise intégrale de la conférence donnée par Alain Badiou en janvier dernier à la Sorbonne, lors du forum philosophie de France Culture.

On y trouve une définition de ces fameuses « classes moyennes » dont on nous rebat en permanence les oreilles sur tous les médias, qui mérite largement d’être entendue et qui à elle seule justifierait l’investissement des modiques 5 euros de ce court texte sans concessions:

 » C’est que l’individu de la classe moyenne, qu’ici nous sommes tous pour une part de nous-même, désire persévérer dans le monde tel qu’il est, pourvu que le capitalisme lui propose une autorité moins despotique, plus consensuelle, et une corruption mieux réglée, dont il pourra participer sans même avoir à s’en rendre compte. C’est peut-être la meilleure définition de la classe moyenne contemporaine: participer naïvement à la formidable corruption inégalitaire du capitalisme, sans avoir même à le savoir »…

Pour Badiou, la seule critique dangereuse et radicale du temps présent c’est la critique politique de la démocratie. Il en apporte une démonstration éclairante autour de la pièce de théâtre « les balcons » de Jean Genêt qui fit scandale en…1956 et dont la portée reste hors du commun et plus que jamais d’actualité en 2013.

Cette pièce, si remarquablement commentée à l’époque par Jacques Lacan recèle une force et une radicalité inouïe, que Badiou éclaire et remet en oeuvre en cette triste et dure époque « intervallaire » de ce début de siècle…

Il faut acheter et lire d’urgence ce scud magistral, une fois n’est pas coutume: même à la plage.

 

 

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